De ses bureaux, situés au huitième étage de la tour sud du complexe MaRS, docteur Tom Hudson a un point de vue panoramique sur les nombreuses installations de recherche qui font partie du District de la découverte de Toronto. Docteur Hudson peut voir les installations de recherche biomédicale de classe internationale de l’Université de Toronto, les hôpitaux Sick Children, Mount Sinaï, Princess Margaret et le Toronto General.
Cette vue lui rappelle très bien la raison pour laquelle il a choisi de déménager en Ontario il y a trois ans, pour devenir le président et directeur scientifique
de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer, et cette vue est l’un des meilleurs points de vente qu’il utilise pour réaliser sa vision d’attirer en Ontario 50 des meilleurs chercheurs sur le cancer. Car, sous le leadership du docteur Hudson, l’Institut a acquis une réputation internationale pour sa recherche novatrice et avant-gardiste
Il y a déjà trois ans que docteur Hudson s’est joint à l’Institut et il a déjà accompli des réalisations impressionnantes : les projets de recherche financés de l’IORC ont donné lieu à 26 demandes de brevets, 14 brevets accordés, 14 inventions, sept brevets en instance et au lancement de quatre entreprises dérivées.
Le centre-ville de Toronto est bien loin d’Arvida, la petite ville nordique du Québec, ville de compagnie du géant de l’aluminium Alcan, ville natale de docteur Hudson, le seul garçon d’une famille de sept enfants, un jumeau, une de deux paires de jumeaux. Hudson dit : « je suis né dans une famille de recherche. Mon père était chimiste à l’Alcan, ma mère était infirmière. Il y avait un grand centre de recherche dans notre ville et lorsque j’étais enfant nous avons hébergé plusieurs familles de chercheurs provenant de par le monde. »
Arvida fut un bon endroit pour grandir, dit-il, dans une famille où on s’attendait que les enfants réussissent, et ils réussissaient. « Nos parents ne nous ont pas poussés dans une carrière précise. Ils nous ont tout fourni pour que nous réussissions. Je ne savais pas si ça serait en recherche médicale ou en sciences, mais j'ai toujours eu l'impression que mon destin serait dans la recherche. »
Lorsque le moment est venu de quitter Arvida, il est parti pour la grande ville. Tom et sa sœur jumelle (à sa demande) ont fréquenté l’école de médecine de l’Université de Montréal : « Ma sœur et moi avons été ensemble de l'utérus jusqu’à l'école de médecine », plaisante-t-il. Elle s'est spécialisée dans la santé publique. Ses deux jeunes sœurs jumelles sont aujourd’hui rhumatologues, et « Toutes mes sœurs sont des superstars dans les domaines qu’elles ont choisis », ajoute-t-il, avec une fierté bien évidente.
En 1991, docteur Hudson a quitté le Canada pour le Whitehead Institute/Massachusetts Institute of Technology (MIT) Center for Genomic Research, où il a complété ses études postuniversitaires et a commencé à travailler sur le projet de génomes humain en tant que leader de l’équipe chargée des cartes génétiques. Par la suite, il est devenu le directeur adjoint du centre, et il a aidé à dresser des cartes génétiques des génomes humains et de la souris.
Cinq ans plus tard, il revient au Canada et fonde le Centre d’innovation génome Québecà l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. En 2003, le Centre prend de l’expansion et devient le Centre d’innovation Génome Québec et Université McGill. En 2003, docteur Hudson devient le cofondateur de l’International Haplotype Map Consortium pour dresser les génomes des gens de par le monde. Les chercheurs utilisent cette banque de génomes pour isoler les gènes liés à la maladie.
C'était une carrière impressionnante pour un homme qui n’était alors qu’au début de la quarantaine. « J'étais venu à un point où j'avais fait mes preuves, mais je n'étais pas convaincu que je faisais une différence. Je ne peux pas dire que mes idées de carrière ont été très bien développées, mais je savais que je voulais faire plus que simplement trouver des gènes. Quand le projet HapMap a été lancé, j'ai commencé à écouter les offres. Mais la plupart des offres étaient de reproduire un centre de génome dans une autre ville et je n’y voyais pas un grand défi. L'offre de l'IORC était une occasion d'entrer dans quelque chose de nouveau et habituellement ces offres ne se produisent pas très souvent. »
Tom et son épouse Catherine ont fait leur devoir avant d’accepter le poste à l'IORC. Ils ont tous deux évalué le potentiel du poste et la qualité de vie à Toronto. Le changement de carrière de Tom serait également un grand changement pour son épouse et leurs cinq enfants, alors âgés de trois à dix-sept ans. Son épouse Catherine, diplômée en loi, gestion d’entreprises et santé publique des Universités McGill et Harvard s'est adaptée aux besoins de la famille et à la carrière de Tom en ouvrant un bureau à la maison avec services de consultation et de révision. Une connexion à haute vitesse à Toronto et elle a pu reprendre les projets où elle les avait laissés. Bien qu’ils aient eu de la difficulté à retenir leurs larmes en quittant Montréal, la famille s’est bien adaptée au déménagement, elle s’est fait de nouveaux amis et a continué avec ses intérêts dans la musique et les marathons.
« Je me suis assuré qu’il y avait un engagement de financement réel, car vous ne changez pas votre carrière et vous ne commencez pas un nouveau programme à moins que vous sachiez que l'engagement financier est là pour plus qu'une année ou deux. » Il a obtenu cette assurance avec un engagement du ministère de la Recherche et de l'Innovation de l'Ontario de l’ordre de 347 millions de dollars pour les cinq premières années.
« La première chose à laquelle j'ai pensé : ‘je ne suis pas un chercheur sur le cancer’, mais il y a l’aspect génome de la recherche sur le cancer et j’ai vu que c'était une bonne occasion d'entrer dans la sphère du génome du cancer. » Docteur Hudson, a été attiré par la possibilité offerte à l'IORC de réunir des chercheurs de premier plan à l'échelle de la province dans un effort coordonné de lutte contre le cancer.
En 2007, docteur Hudson a dévoilé son plan stratégique axé sur la prévention, la détection précoce, l'exploration des génomes de différents cancers et la découverte de nouvelles thérapies. Ce plan comprenait l'objectif ambitieux d'attirer en Ontario, 50 des meilleurs chercheurs sur le cancer, et il est à mi-chemin dans l’atteinte de son objectif.
Alors que signifie l’innovation pour le docteur Tom Hudson?
« C'est plus que seulement l’innovation. Je vois des gens innovateurs et j’entends des idées novatrices chaque jour. Mais l'application de l'innovation est beaucoup plus difficile, soit que les gens ne font pas de suivi ou ne savent pas comment faire le suivi. Il y a beaucoup de bonnes personnes et de bonnes idées en Ontario, mais nous n’amenons pas toujours ces bonnes idées à devenir réalité. »
« C’est ce que nous faisons à l’IORC, en mettant de bonnes idées en pratique. Nous découvrons quelque chose qui traitera, qui aidera à protéger, et nous franchissons la prochaine étape. L'innovation, c’est de franchir la prochaine étape.»
Cette prochaine étape est incorporée dans le One Millimetre Cancer Challenge de l’Institut, qui apporte des techniques d'imagerie et de dépistage au système de soins de santé de l'Ontario pour détecter les tumeurs cancéreuses lorsqu'elles sont de taille millimétrique. Le service de commercialisation de l’IORC transfère agilement les nouveaux dispositifs de détection du laboratoire à la clinique.
« Ce défi plaît au public. Le cancer est détecté trop tard. Il est comme le feu qui est déjà dans la maison. Vous appelez les pompiers, mais beaucoup de dommages sont déjà causés. Nous utilisons le défi comme une façon de favoriser l’identification précoce des tumeurs, quand il y a beaucoup moins de cellules cancéreuses, quelques cent mille par opposition aux millions. Sur le plan clinique, cela peut sembler impossible, mais dans les meilleurs laboratoires nous pouvons identifier une simple cellule cancéreuse, alors nous devrions donc être en mesure de détecter une tumeur d’un millimètre. »
Docteur Hudson a reçu plusieurs prix au cours de son illustre carrière, y compris la bourse de clinicien chercheur des Instituts de recherche en santé du Canada, en 2001, le prix du jeune chercheur de la Société Génétique du Canada, en 2000, le prix de scientifique de l’année de Radio-Canada et sa nomination parmi les 40 meilleurs de moins de 40 ans.
Mais ce qui l'a le plus étonné était le prix Réalisation de l’année 2005 en soins de santé, décerné par la revue Maclean. Il ne s’attendait pas à gagner : « J'ai voté pour quelqu'un d'autre, » dit-il. « J'ai découvert plus tard que ma fille et tous ses amis de l’école avaient voté pour moi. »
Le chercheur : Docteur Tom Hudson est président et directeur scientifique
de l'Institut ontarien de recherche sur le cancer (IORC). Fondé en 2005, l’IORC est un centre d’excellence de la recherche sur le cancer qui met l’accent sur la prévention, la détection précoce, le diagnostic et le traitement du cancer. Financé par le ministère de la Recherche et de l’Innovation du gouvernement de l’Ontario, l’Institut concrétise les recherches sur le cancer en programmes, technologies et thérapies. L’Institut soutiendra plus de 50 chercheurs principaux de renommée internationale au Centre MaRS de Toronto et en province. L’Institut optimise l'excellence de la recherche actuelle dans les universités, les hôpitaux de recherche et les instituts de recherche en santé, menant à une plus grande intégration de la recherche sur le cancer.
La découverte : En 2007, docteur Hudson a dévoilé son plan stratégique axé sur la prévention, la détection précoce, l'exploration des génomes de différents cancers et la découverte de nouvelles thérapies. Ce plan comprenait l'objectif ambitieux d'attirer en Ontario 50 des meilleurs chercheurs sur le cancer, et il est à mi-chemin dans l’atteinte de son objectif.
Digne d’être répété : « Il y a beaucoup de bonnes personnes et de bonnes idées en Ontario, mais nous n’amenons pas toujours ces bonnes idées à devenir réalité. C’est ce que nous faisons à l’IORC, en mettant de bonnes idées en pratique. Nous découvrons quelque chose qui traitera, qui aidera à protéger, et nous franchissons la prochaine étape. L'innovation, c’est de franchir la prochaine étape. » Docteur Tom Hudson, président et directeur scientifique
de l'Institut ontarien de recherche sur le cancer
Communiquez avec le chercheur : http://www.IORC.on.ca/