HISTOIRES DE RÉUSSITE
La ferme et la forêt fourniront les carburants verts des voitures de l’avenir
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| Dr Mohini Sain fait la démonstration d’un bioplastique à base de fécule de maïs récemment découvert. |
L’intérêt du docteur Mohini Sain pour le développement d’une automobile écologique remonte au temps où il était étudiant au St. Xavier’s College de Calcutta en Inde. À l’époque, le docteur Sain se rendait à l’école en autobus et il avait amplement l’occasion d’observer la quantité de pollution produite par les véhicules.
Trente ans plus tard, le docteur Sain est à la tête d”un projet de recherche de 18 millions de dollars visant à développer l’utilisation de ressources renouvelables entrant dans la fabrication de matériaux et de pièces d’automobiles. Cette initiative conjugue les efforts de scientifiques de quatre universités ontariennes et de divers partenaires de l’industrie.
« Pour fabriquer des véhicules, nous utilisons présentement du fer, du nickel, du cuivre et du pétrole, tous des ressources non renouvelables, explique le docteur Sain, ingénieur chimiste et directeur du Centre for Biocomposites and Biomaterials Processing à l’University of Toronto, et professeur auxiliaire au Department of Plant Agriculture de l’University of Guelph. Notre projet a pour but de transformer des produits et sous-produits de l’agriculture et de la forêt en pièces d’auto de haute technologie. »
« Du même coup, nous cherchons à rehausser la rentabilité de l’agriculture et de l’industrie forestière, à diminuer la quantité d’énergie nécessaire à la production des pièces d’auto, à réduire les émissions de gaz à effets de serre et à donner un avantage compétitif à notre industrie de l’automobile. »
L’enjeu est de taille. Pour réussir, les pièces produites doivent être plus légères, plus forte et moins dispendieuses, ainsi que plus écologiques, que celles présentement disponibles. Mais le docteur Sain a confiance qu’au terme de ce projet de quatre ans, divers prototypes satisferont à ces exigences.
« Nous savons qu’il existe des possibilités commerciales, dit-il. D’ici cinq ans, il se pourrait que les matériaux provenant de la biomasse renouvelable constituent jusqu’à 25 pour cent d’un véhicule et qu’il nous soit possible, éventuellement, de fabriquer toutes les pièces, depuis les portes et les pare-chocs jusqu’aux consoles et aux tableaux de bord en produits renouvelables.
Grâce à une subvention de 5,9 millions de dollars du Fonds de recherche de l’Ontario du gouvernement McGuinty, un programme du ministère de la Recherche et de l’Innovation, des chercheurs des universités de Guelph, Toronto, Waterloo et Windsor aborderont tous les aspects nécessaires, depuis l’augmentation de la productivité de la culture du chanvre, du blé, du maïs, du soja et du colza, récoltes toutes cultivées en Ontario, jusqu’au perfectionnement des technologies de traitement dans l’extraction, la transformation et la séparation de la fibre. Ils procéderont également au développement de produits biochimiques, bioplastiques et biocomposites. Ils feront aussi la conception de pièces d’auto qui combinent les avantages des métaux et des biomatériaux de manière à prédire la performance de conception des biomatériaux dans des automobiles assemblées.
« Pour réussir dans cette recherche, vous devez avoir une vision et vous devez pouvoir compter sur des partenaires qui croient dans la valeur de l’innovation et qui sont prêts à y investir, explique le docteur Sain. Ici en Ontario, nous avons cette combinaison gagnante. »
William Harney, directeur du département d’Ingénierie et de développement chez Decoma International, est d’accord. Decoma est l’un des plus importants fournisseurs externes de pièces d’automobiles au monde qui s’intéresse vivement aux travaux du docteur Sain.
« La capacité d’utiliser davantage de ressources renouvelables dans la fabrication de pièces et de systèmes nous donnera – ainsi qu’à l’industrie des pièces d’automobile de l’Ontario – un réel avantage compétitif à long terme, de dire M. Harney. »




