Discours
Remarques de John Wilkinson, ministre de la Recherche et de l’Innovation
Société canadienne de l’analyse de la valeur – conférence de 2008
Mardi 28 octobre 2008 – 8 h 15
Holiday Inn Hotel and Suites, Markham (Ontario)
L'allocution définitive fait foi
INTRODUCTION
Bonjour.
J’aimerais d’abord remercier les organisateurs de m’avoir invité ici aujourd’hui. Merci, Steve, de m’avoir si aimablement présenté; merci, Dave, d’être un fier représentant du Canada sur la scène internationale.
En tant que ministre de la Recherche et de l’Innovation, je suis enchanté de prendre la parole devant une salle pleine de personnes dévouées à la quête sans fin visant l’amélioration de notre manière de faire les choses.
Une telle curiosité infatigable correspond exactement à l’approche que notre Ministère – et notre gouvernement – s’emploie à encourager dans toute la province.
Tout comme vous, nous voulons aider les entreprises de partout à améliorer leur capacité à trouver de nouvelles possibilités d’innover.
L’ANALYSE DE LA VALEUR
Comme vous le savez tous, la discipline de l’analyse de la valeur est née du besoin de la General Electric de continuer à faire fonctionner ses chaînes de production malgré les pénuries de matériaux qui sévissaient pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Jeune ingénieur à l’époque, Lawrence Miles s’est vu confier la tâche « de trouver et d’obtenir » les matériaux indispensables à la production des composantes que la GE fabriquait pour appuyer l’effort de guerre des Alliés, « et de négocier pour obtenir ces matériaux ».
Mais il y avait une difficulté : on avait beau faire, il n’y avait pas moyen d’obtenir des matériaux auprès de fournisseurs qui, souvent, étaient déjà sollicités au-delà de la limite de leurs capacités.
Miles a donc été obligé d’innover.
Au lieu de consacrer ses efforts aux matériaux qu’il ne pouvait pas obtenir, il s’est penché sur les fonctions que ces matériaux devaient remplir.
Il a alors supplié ses fournisseurs de lui trouver quelque chose qui remplirait ces fonctions... quelque chose qu’ils étaient en mesure de lui livrer.
Il s’est avéré que ces remplacements ont non seulement permis aux chaînes de production de continuer de tourner, mais dans plusieurs cas ils ont aussi entraîné une réduction des coûts ou une amélioration des produits, ou les deux.
À partir de la simple question que Miles s’est posée à l’époque, c'est toute une discipline qui a vu le jour, la discipline qui nous réunit aujourd’hui : l’analyse de la valeur.
L’analyse de la valeur, estimait Miles, avait pour fonction « de réaliser les objectifs de l’organisme concerné ».
« S’il s’agit d’une entreprise, disait-il, l’objectif est de faire face à la concurrence sur le plan financier, en réalisant de bons profits dans un marché compétitif, avec un produit que les clients achètent et qui fidélise cette clientèle. »
En d’autres mots, l’analyse de la valeur est un système servant à identifier les possibilités d’innover… puis à les appliquer pour accroître la productivité, l’efficacité et la compétitivité d’un organisme.
UN PLAN EN CINQ POINTS
C’est également là une excellente description de l’approche ontarienne en matière d’innovation.
Et la raison pour laquelle nous avons adopté cette approche est que nous croyons qu’il s’agit de la meilleure façon de faire face aux réalités économiques auxquelles nous nous trouvons aujourd’hui confrontés.
Dans ce monde compétitif qui est le nôtre, un monde dans lequel il est possible d’acheter presque n’importe quel article d’à peu près n'importe où sur la planète, l’Ontario a deux choix.
La province peut demander à ses travailleurs de revoir à la baisse leurs exigences – et leurs salaires – afin d'assurer notre capacité à concurrencer d’autres pays où les coûts sont moins élevés.
Ou bien, elle peut trouver dans l’ensemble de l’économie des possibilités d’innover, d’améliorer continuellement ses produits et ses services, et faire ainsi face à la concurrence en étant ce qu’il y a de mieux... et pas simplement en étant le moins cher.
Notre gouvernement croit que le choix est clair : nous devons innover.
Voilà pourquoi l’innovation fait partie intégrante de notre plan économique en cinq points.
Car, à l’instar de Lawrence Miles, nous sommes conscients que la seule manière d’éviter d’être relégués à l’arrière du peloton dans un marché compétitif, c’est de continuellement nous efforcer de garder une longueur d’avance sur les compétiteurs.
LE PROGRAMME D’INNOVATION DE L’ONTARIO
Nous avons un plan qui vise à laisser libre cours au talent des Ontariens et des Ontariennes, afin de faire de cette province l’endroit où de grandes idées propulseront des entreprises florissantes vers l’excellence : le Programme d’innovation de l’Ontario.
Ce Programme, dont le budget s’élève à trois milliards de dollars, est consacré aux secteurs dans lesquels notre province possède, en ce qui touche la recherche et les affaires, la capacité d’être non seulement compétitive… mais aussi de dominer les marchés mondiaux.
Ces secteurs concernent certains des besoins les plus pressants de notre temps... et touchent tous les secteurs de l’économie.
Voici quelles sont nos priorités :
- Vaincre la maladie grâce aux sciences de la vie;
- Perfectionner/étendre l’univers numérique;
- Assurer la subsistance de l’humanité à l’aide de biotechnologies énergétiques de remplacement axées sur l’environnement.
UNE ÉCONOMIE VERTE
La dernière de ces priorités se trouve au carrefour entre une formidable possibilité sur le plan économique et les pressantes préoccupations mondiales relatives à l’environnement.
Le potentiel économique est énorme.
Selon une étude d’Ernst and Young portant sur 150 multinationales, 90 pour cent des entreprises étudiées entreprennent actuellement des initiatives concernant les changements climatiques, avec des engagements financiers annoncés totalisant 276 milliards de dollars américains sur les dix prochaines années.
Au même moment, les préoccupations relatives à la durabilité environnementale sont en train de transformer la manière dont nous vivons et travaillons.
Rendre l’économie plus verte peut constituer une formidable possibilité du point de vue de l’économie, mais, pour améliorer la durabilité de l’économie ontarienne, nous devons faire davantage que de produire toute une nouvelle génération d'entreprises vertes.
Pour réussir, il nous faut aussi rendre les industries existantes plus respectueuses de l’environnement… et plus compétitives sur l’échiquier économique.
UN SUCCÈS : STANTON FARMS
Il semble s’agir là d’une tâche colossale... et c’est le cas. Mais cela représente un débouché économique plus colossal encore.
Toutefois, en faisant preuve d’innovation, et en recourant à l’analyse de la valeur, le succès est à notre portée.
Laissez-moi vous donner un exemple.
Plus tôt cet été, je me trouvais à London, en Ontario, pour annoncer notre engagement d’investir 2,5 millions de dollars pour soutenir la collaboration entre l’Université de Western Ontario, l’Université de Guelph, l’Université de Waterloo et Stanton Farms.
Stanton Farms est l’une des plus grandes fermes laitières de ce pays.
Les fermes laitières génèrent un sous-produit qui pose problème : le fumier.
Les résidents vivant à proximité de ces fermes ne sont pas tout à fait ravis de l’odeur.
En se décomposant, le fumier dégage du méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Ensuite, si le fumier est épandu sur les champs, il y a un risque de contamination des puits situés dans les environs.
Cependant, les grandes fermes laitières ont besoin d’être approvisionnées en fertilisants riches en nutriments, et requièrent de l’énergie – idéalement, de l’énergie propre – pour faire fonctionner une gamme d’équipements.
Les intervenants de Stanton Farms, après avoir examiné toutes ces fonctions dont les fermes ont besoin, en sont venus à proposer une seule solution : un système de biodigesteurs qui transformera le fumier et les eaux usées en énergie propre.
L’installation d’un tel système permettra de se débarrasser des mauvaises odeurs, fournira un fertilisant exempt d’agents pathogènes, et tirera profit du méthane disponible pour produire de l’électricité propre – en fait, assez d’électricité pour subvenir aux besoins énergétiques de près du tiers des foyers de la ville d’Ilderton, située à proximité.
Mieux encore : non seulement ce projet a-t-il apporté des solutions à un éventail de problèmes propres à cette ferme, mais il a créé une solution pour améliorer l’efficience des fermes, tous types confondus… et a créé une technologie que l’Ontario peut vendre partout dans le monde.
UN RÔLE POUR L’ANALYSE DE LA VALEUR
Le projet Stanton Farms est un excellent exemple de ce que l’Ontario s’efforce à réaliser dans tous les secteurs de notre économie.
Dans le Programme d’Innovation de l’Ontario, nous parlons de cela en termes de création d’une « culture d’innovation »… Un Ontario qui attire et encourage des gens qui sont prêts à prendre un risque… qui sont disposés à essayer de nouvelles choses… à se demander « qu’arrive-t-il si… », et à répondre par « pourquoi pas! ».
L’analyse de la valeur constitue un outil important pour l’édification de la culture d’innovation – et en particulier au sein des entreprises et des industries existantes.
Par la recherche systématique des possibilités d’innovation… l’analyse de la valeur procure aux organismes de tout l’Ontario un moyen d’intégrer la culture d’innovation à leur propre culture d’entreprise.
LA STRATÉGIE DE RÉDUCTION DES SUBSTANCES TOXIQUES
Un secteur dans lequel cette approche, je crois, s’avérera fructueuse concerne le soutien aux efforts de l’Ontario pour réduire l’utilisation des substances toxiques.
Dans l’ensemble de la province, nous utilisons des substances toxiques pour remplir certaines fonctions dans nos usines, dans nos entreprises et dans nos foyers.
Nombre de ces substances s’acquittent très bien des fonctions pour lesquelles elles ont été créées… mais elles peuvent aussi menacer notre santé, celle de nos enfants et de notre environnement, à moins que nous fassions tous notre part pour gérer leur utilisation de manière à en réduire les risques.
C’est pourquoi le gouvernement McGuinty a élaboré une proposition de stratégie de réduction des substances toxiques qui contribuera à bâtir une économie plus verte et plus durable pour l’Ontario.
La stratégie proposée accordera la priorité à la réduction des substances toxiques avant leur utilisation dans des procédés industriels.
Cela signifie que les fonctions auparavant attachées à ces matières toxiques devront désormais être remplies au moyen de solutions de rechange plus saines, et plus vertes.
En fait, cette stratégie aidera l’industrie à bâtir ses capacités en matière de recherche et développement de technologies vertes dans le but de réduire sa dépendance aux substances toxiques.
Il s’agit d’un procédé qui exigera que toutes les industries de la province entreprennent une analyse de leurs propres procédés, ce qui donnera lieu à la création de façons nouvelles et plus propres de faire des affaires.
À l’heure où les autres marchés autour du globe entreprennent des efforts similaires dans le but de réduire l’utilisation des substances toxiques, cette démarche rendra les entreprises de l’Ontario plus compétitives.
En outre, si les entreprises adoptent une approche axée sur l’analyse de la valeur en ce qui touche les fonctions remplies par ces substances... cela pourrait très bien ouvrir la porte à la possibilité non seulement de réduire les risques pour la santé… mais aussi à la possibilité de trouver un meilleur moyen, plus économique et plus efficient, de faire des affaires.
LE PROGRAMME DE COLLABORATION STRATÉGIQUE
Au cœur du Programme d’innovation de l’Ontario se trouve la conviction selon laquelle le rôle du gouvernement est d’agir comme catalyseur pour ce qui est du développement de la culture d'innovation en Ontario.
Cela signifie qu’il faut appuyer les personnes de talent – et amener les personnes ayant divers talents et différents points de vue à travailler ensemble.
Lawrence Miles a dit un jour :
« Un produit chimique qui n’a pas encore été composé n’existe pas, et un métal qui n’a pas encore été mis au point n’existe pas – non pas parce que leur existence est impossible, mais bien parce que la combinaison nécessaire de connaissances et de créativité n’a pas encore été réunie ».
Nous croyons que parfois, le meilleur moyen de réunir la bonne combinaison de créativité et de savoirs consiste à trouver de nouvelles façons pour que les entreprises collaborent.
Un exemple éloquent en est notre Programme de collaboration stratégique, un volet important de notre Fonds pour les emplois dans les secteurs émergents, dont le total s’élève à 1,15 milliard de dollars.
Le Programme de collaboration stratégique reconnaît… que certaines des possibilités les plus valables et les plus intéressantes qui sont actuellement envisageables sont trop vastes pour qu’un organisme puisse en entreprendre la réalisation à lui seul.
Par exemple, lorsque l’humanité a décidé d’envoyer un homme sur la Lune, il a fallu que plus de 20 000 entreprises industrielles et universités travaillent de concert avec la NASA pour y arriver… et elles ont travaillé sur tout, de la construction de moteurs-fusées incroyablement puissants à la question de déterminer les manières de protéger les astronautes contre les dangers inimaginables qui sont inhérents aux voyages dans l’espace.
Si l’Ontario est réellement sérieux dans sa recherche de débouchés sur la scène mondiale, comme celui consistant à rendre l’économie plus verte ou à guérir les maladies… si nous voulons penser grand… nous devons trouver des moyens de réunir des groupes comptant divers organismes qui, ensemble, pourront entreprendre l’assemblage de toutes les pièces du puzzle.
Ainsi, le Programme de collaboration stratégique appuie des consortiums ontariens dirigés par l’industrie et réunissant des entreprises, des chercheurs, des universités et des organismes sans but lucratif, dans le but de profiter de certaines des incroyables possibilités qui émergent dans des secteurs novateurs et à croissance rapide.
Nous croyons que le fait de réunir les meilleurs éléments dont dispose notre province crée d’extraordinaires possibilités d’innover d’une manière susceptible de produire un effet d’entraînement qui touchera des industries entières... et qui rendra les entreprises qui y participeront plus efficaces et plus compétitives dans l’arène mondiale.
CONCLUSION
Une culture qui encourage l’innovation est indispensable pour assurer la capacité de l’Ontario à faire face à la concurrence – et à gagner – dans une économie de plus en plus mondialisée.
Je crois que les personnes réunies ici aujourd’hui sont à l’avant-garde de cette culture.
Non seulement vous croyez au pouvoir de l’innovation – vous avez créé un système… une pratique… afin d’aider les autres à intégrer l’innovation au sein de leurs organismes.
C’est important pour les entreprises ontariennes, et c’est absolument déterminant pour l’avenir du bien-être économique et social de la province.
Car le processus de recherche des possibilités d’innover est un cercle sans fin.
Le gouvernement McGuinty partage votre engagement à ne jamais relâcher les efforts visant à trouver de meilleures façons de faire les choses.
Enfin, nous tenons à vous remercier pour l’aide que vous apportez au développement de notre culture d’innovation.
Ensemble, nous créerons un Ontario qui puisera sa force dans les deux ressources les plus puissantes et les plus abondantes dont nous bénéficions : le talent et la créativité de nos gens.



