Histoires de réussite

3XR Inc.
Épurer notre eau et écologiser nos champs

Selon Ken Haggerty, fondateur et propriétaire de la société torontoise 3XR Inc., « [l]’innovation est le pivot autour duquel s’articule l’avenir de l’Ontario ». Il a la ferme intention d’aider à dicter une direction plus « verte ».

3XR a mis au point une technologie qui répond à plusieurs besoins importants, notamment une qualité de l’eau améliorée, un rendement éconergétique accru, de meilleures économies de coûts et des produits écodurables.

La technologie existante de traitement de la matière organique qui pollue les eaux usées libère de l’ammoniac, un polluant nocif. Éliminer l’ammoniac crée du dioxyde de carbone et de l’oxyde de diazote – également connu sous l’abréviation N2O – un gaz à effet de serre 300 fois plus dommageable pour l’atmosphère que le dioxyde de carbone.

Nul ne s’étonnera d’apprendre que les usines de traitement des eaux usées subissent des pressions pour les inciter à réduire ces rejets.

La technologie de 3XR peut éliminer jusqu’à 90 p. 100 de l’ammoniac présent dans les eaux usées traitées. Elle convertit l’ammoniac dissout en gaz anhydre, puis expose le gaz à une solution acide, ce qui crée du sulfate d’ammonium, un engrais durable sur le plan de l’environnement.

« L’engrais extrait et purifié à partir des eaux usées locales est bien meilleur pour l’environnement que l’engrais produit chimiquement qui doit être transporté sur de longues distances », a déclaré M. Haggerty.

« Notre processus est également censé utiliser jusqu’à 80 p. 100 moins d’énergie que la technologie actuelle, tout en coûtant beaucoup moins cher. »

M. Haggerty n’a pas toujours été convaincu que l’avenir de l’Ontario résiderait dans les nouvelles technologies.

Après l’obtention de son diplôme d’ingénieur du génie civil à l’Université de l’Alberta, il a consacré de nombreuses années dans l’industrie de la construction domiciliaire et dans l’aménagement de centres commerciaux.

Un décès dans sa famille en 1994 l’a poussé à revoir ses priorités.

Et, tandis qu’il travaillait dans le secteur de l’habitation, il a constaté un besoin de plus en plus marqué à l’échelle de la planète pour des technologies de traitement des eaux durables.

M. Haggerty est retourné à l’école et a décroché un diplôme de maîtrise en Génie environnemental à l’Université de Toronto. Après avoir mis sur pied son entreprise en 1997 et après plusieurs années de R et D intensive, il a mis au point la technologie 3XR, son « oisillon » prêt à voler de ses propres ailes.

Entretemps, les Centres d’excellence de l’Ontario Lien externe — un volet du Réseau ontarien d’excellence Lien externe (ROE) provincial — a prodigué à sa société des conseils d’affaires. 

3XR a déniché un appui financier aussi. Comme l’a affirmé M. Haggerty, « le soutien offert par l’Ontario à ma société par le truchement de son Fonds pour les projets pilotes d’innovation, ainsi que le financement fédéral découlant de Technologies du développement durable du Canada (TDDC) Lien externe et du Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) Lien externe, nous ont permis d’aller de l’avant dans ce pays. Nous avions été pressentis par d’autres gouvernements, mais avec cet appui, nous avons pu demeurer ici même, en Ontario. »

L’investissement de l’Ontario, ainsi que la collaboration de CCI-TBN et de Toronto Water aideront 3XR à bâtir un projet pilote de 2 millions de dollars à une installation de digestion anaérobie des rebuts d’aliments dans la RGT. 

M. Haggerty prévoit qu’il sera fonctionnel à la fin d’août 2011, prêt à épurer 200 mètres cubes d’eaux usées par jour.

Après cela, précise-t-il, « [n]ous devrions pouvoir fabriquer et distribuer beaucoup de ces machines partout dans le monde » – en montrant les avantages économiques possibles lorsque des innovateurs transforment les problèmes en possibilités d’entreprises.

3XR emploie actuellement cinq employés à temps plein – qui possèdent tous des diplômes de maîtrise. Elle embauchera huit personnes de plus durant l’exécution du projet pilote, et elle prévoit tirer profit de l’investissement de l’Ontario pour créer des centaines de postes au cours de la prochaine décennie.