Une fois que vous avez laissé vos ordures au bord de la rue, vous n’y pensez sans doute plus.
L’ennui, c’est que 70 % des déchets que nous produisons – chacun ou chacune d’entre nous en produit en moyenne 1,1 kilogramme par jour – se retrouvent dans une décharge. Aussi les décharges commencent-elles à poser un énorme problème environnemental, qui empire, et ce, non seulement ici en Ontario, mais dans le monde entier.
« La décomposition intégrale du contenu d’une décharge classique peut nécessiter plus de 50 années, déclare Mme Leta Fernandes, professeure de génie environnemental à l’Université d’Ottawa. Pendant ce temps, on craint constamment que l’eau qui traverse la décharge, appelée lixiviat, puisse se drainer dans la nappe phréatique et polluer les nappes d’eau voisines. En outre, quand les déchets se désagrègent, il se forme du méthane qui se dégage dans l’atmosphère et qui contribue ainsi au réchauffement du globe.
« Et, bien entendu, les décharges occupent un précieux espace qu’on pourrait mieux utiliser. »
Existe-t-il une meilleure façon de concevoir les décharges? Absolument, affirme Mme Fernandes. Elle dirige une équipe de chercheurs et de chercheuses qui conçoivent un système servant à décontaminer les déchets en une fraction du temps d’ordinaire nécessaire à l’heure actuelle et, par la même occasion, à affecter les produits dérivés à des usages productifs. .
« Nous avons déjà établi l’efficacité de notre système à bioréacteur à une échelle pilote, fait observer Mme Fernandes. Nous allons maintenant le faire à une grande échelle, au parc éco-industriel Laflèche, sis à Moose Creek, en Ontario. »
Ce projet de trois millions de dollars est financé en partie par le Programme d’excellence en recherche du ministère de la Recherche et de l’Innovation. Si ce système donne satisfaction – et Mme Fernandes est convaincue qu’il ne sera ainsi --, c’est un système qu’on pourrait exporter dans le monde entier, ce qui placerait l’Ontario à l’avant-garde de la technologie d’élimination des déchets.
Comment le système à bioréacteur fonctionne-t-il? Ses couches extérieures sont en argile et en membrane géotextile, éléments qui le rendent étanche. Le lixiviat est ensuite recueilli et recyclé pour irriguer les déchets, ce qui accélère la décomposition sous l’action des microbes et élimine les risques de contamination de l’eau souterraine. Par la même occasion, la production de méthane s’accroît, gaz qu’on récupère pour fournir de l’énergie aux habitations et aux entreprises des environs.
« C’est un système d’une admirable simplicité, fait remarquer Mme Fernandes. Il permettrait de traiter bien plus efficacement les volumes croissants de déchets solides engendrés dans nos villes. »
M. Brain King, président de Laflèche Environmental Inc., est d’accord là-dessus. Sa compagnie est un chef de file de la gestion écologique des déchets et elle œuvre en partenariat avec Mme Fernandes pour la recherche.
« En permettant à Mme Fernandes et à son équipe de faire l’essai, dans des conditions réelles d’application, des nouvelles technologies qu’elles conçoivent, nous comptons non seulement améliorer le système, mais aussi réduire de façon spectaculaire le temps à attendre avant la commercialisation, » ajoute-t-elle.
Tirez votre inspiration de la lecture du récit de ces réussites ontariennes dans les domaines de la recherche et de l'innovation.
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