Ilse Treurnicht
PDG du District de la découverte MaRS
L’ALLOCUTION DÉFINITIVE FAIT FOI
Merci beaucoup. Je pourrais être tentée d’utiliser l’histoire du Centre MaRS, d’abord afin d’illustrer quelque peu les thèmes qu’a décrits Monsieur le Ministre, mais aussi afin de brosser un tableau succinct de quelques-unes des tendances sur lesquelles, à mon avis, nous devrions nous concentrer, et également comme l’une des possibilités les plus prometteuses que nous ayons de mettre en valeur le potentiel de cette province.
Pour ajouter aux commentaires de Ken, ce qui est formidable avec le Centre MaRS, c’est qu’il nous place au premier plan sur la scène de la mondialisation. Nous observons ce phénomène tous les jours, et, aucun doute possible, ce qui saute aux yeux, c’est l’urgence d’agir.
Ainsi, pour ceux et celles d’entre vous qui ne connaissez pas l’histoire du Centre MaRS, voici : en l’an 2000, douze chefs d’entreprise parmi les plus réputés de Toronto, travaillant de concert avec leurs partenaires de la communauté universitaire et du milieu des affaires, ont lancé le concept MaRS. Ce concept s’attardait tout particulièrement à la question suivante : « Comment mettre à contribution nos réalisations antérieures et notre riche tradition d’excellence en matière de découvertes scientifiques, afin d’en faire profiter notre économie future? ».
Au cours des années qui ont suivi, on a vu l’achat des terrains prisés situés au coin de la rue College et de l’avenue University ainsi que l’étude de modèles internationaux, et les gens d’affaires ont été amenés à participer au projet. La phase 1 a été menée à bien, et le Centre a ouvert ses portes en septembre 2005. Aujourd’hui, sur ce même emplacement de choix au coin de College et University, les travaux de notre phase 2 sont en cours; on parle ici d’une expansion qui doublera la superficie du centre d’innovation, qui occupera alors quelque 139 000 mètres carrés (soit 1,5 million de pieds carrés environ) – aucun doute, ce sera un établissement d’envergure mondiale. Toutefois, le plus intéressant dans tout cela, c’est l’ampleur du développement qu’a connu l’établissement depuis son ouverture, en deux petites années. C’est ainsi que nous sommes témoins d’une nouvelle donne : aujourd’hui, pas moins de 2 000 personnes des milieux des sciences, des affaires, et des finances – des milieux auparavant isolés les uns des autres – viennent travailler tous les jours au Centre MaRS; un total auquel s’ajoute la centaine de milliers de personnes qui s’y rendent chaque année pour des ateliers, pour des activités de réseautage ou de développement des compétences, ou pour des conférences sur le réseautage. De plus, l’ordre du jour, qui est axé sur ce fameux processus de commercialisation, ne se borne pas à faire démarrer des entreprises ni à traduire les concepts scientifiques en les repensant en fonction des marchés : il vise aussi à trouver des moyens de bâtir des entreprises et de les adapter à l’échelle de cette économie mondiale. Ce renforcement des capacités s’accroît de jour en jour, à mesure que la toile des réseaux se consolide; voilà ce qui est vraiment intéressant – une sorte de modèle organique mis au service de notre économie.
Pour ce qui est d’établir la position de l’Ontario comme joueur dans ce marché mondial caractérisé par une concurrence très féroce, le Centre MaRS présente à mon avis trois caractéristiques qui méritent un intérêt particulier. En premier lieu, la nature unique du Centre permet un partenariat entre les secteurs public et privé. Ni notre communauté universitaire, ni notre milieu des affaires, ni notre gouvernement, ne sera en mesure, en faisant cavalier seul, de s’attaquer à l’un ou à l’autre de ces problèmes mondiaux si complexes. Il nous faut trouver de nouveaux modèles nous permettant de travailler de concert. Ainsi, en agissant comme leaders lors du lancement du Centre MaRS, les gens d’affaires ont permis de mobiliser d’importants capitaux privés, et de fait nous sommes aujourd’hui en train d’édifier la phase 2 du Centre à l’aide des 350 millions de dollars qu’a investis la société la mieux cotée au monde en matière de développement des grappes d’entreprises. Et le gouvernement, dans son rôle de catalyseur, a marché dans la voie que lui ont tracée les gens d’affaires, et a fait en sorte que les progrès se concrétisent, que les différents intervenants participent, et que se tissent des liens entre le Centre MaRS et le reste du monde. Dans l’économie du savoir, le partenariat public-privé est vital, car les universités ont besoin d’entreprises solides et les bonnes sociétés ont besoin d’universités aux assises fortes; il faut donc qu’il y ait une synergie fonctionnelle de part et d’autre de l’équation.
Le deuxième point intéressant, c’est qu’un centre d’innovation établi en fonction de son emplacement, comme l’est le Centre MaRS situé dans cette ville incroyablement diverse et dynamique qu’est Toronto, vous permette d’abord de développer la capacité de performer sur la scène internationale, le Centre profitant de la situation globale et des points forts de cette ville; cela permet en outre de regrouper les ressources locales, de les mettre en interrelation, et de les offrir à la curiosité du reste du monde. Ainsi, il est intéressant de constater que le Centre MaRS a atteint une notoriété bien supérieure à nos efforts pour mettre le concept en marché sur la scène internationale; notre concept initial était audacieux, un peu inusité de la part du Canada, et qui faisait savoir au monde que nous sommes forts en matière de recherche et que nous pouvons être les meilleurs sur le plan de la commercialisation; et la seule ampleur du succès est suffisante pour braquer sur nous les projecteurs de la scène mondiale.
Enfin, voici le troisième point, que je trouve vraiment digne d’intérêt, et que j’avais complètement sous-estimé à mes débuts ici : il s’agit d’un endroit neutre; ce n’est ni le gouvernement, ni le milieu des affaires, ni l’université, mais un lieu d’échange propice à de nouveaux dialogues entre ces trois acteurs; et ce que cet endroit a de particulièrement avantageux, c’est qu’il vise à bâtir cette culture d’entreprenariat, ce qui permet également à un tout nouveau type d’énergie créative de se faire jour, parce que cet endroit n’est pas assujetti à l’ordre du jour de l’une ou l’autre de ces trois entités.
Un dernier commentaire : pour réaliser un projet comme le Centre MaRS, ou pour trouver son chemin dans le territoire très brumeux de l’économie mondiale axée sur le savoir, il n’y a pas de recette miracle. Il faut faire de nombreuses choses différentes; et, d’un point de vue gouvernemental, il faut un effort soutenu et des investissements constants car les bénéfices se font à long terme, et il faut investir avant que les solutions aient vu le jour.
Mais d’autre part, je crois que pour l’Ontario l’avantage le plus formidable est exactement tel que l’a décrit Ken. Je pense que, comme province, nos objectifs sont fixés sur ce plan d’action, et c’est peut-être parce qu’ici il n’y a pas de pétrole qui jaillit du sol; mais, en ce qui concerne le Centre MaRS, la solution et les possibilités résident dans ce qu’a réalisé la collaboration entre les secteurs public et privé : elle nous a dotés d’un levier très puissant qui nous permettra d’aller de l’avant avec ce plan d’action, et, de ce point de vue, c’est une époque très stimulante que celle où nous vivons.