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MINISTÈRE DE LA RECHERCHE ET DE L'INNOVATION 


Transcription - Programme d’innovation de l’Ontario : Engage direct

Ken Coates
Doyenne des humanités, Université de Waterloo

L’ALLOCUTION DÉFINITIVE FAIT FOI

Merci beaucoup; je suis vraiment très heureux d’être ici aujourd’hui et de prendre part à cette discussion quant à l’innovation sur la scène nationale.
Ces dix dernières années, j’ai effectivement travaillé – et c’est là le chercheur universitaire en moi – sur une étude traitant de l’innovation au Japon. J’ai pu ainsi observer un pays qui, pour la recherche et l’innovation, dépense près du double des sommes qui sont consacrées à ce secteur dans la quasi-totalité des autres grands pays industrialisés, et j’ai pu voir dans quelle voie il a engagé une partie de ses  découvertes scientifiques pour les développer concrètement en les convertissant en possibilités économiques.

Par ailleurs, le mois passé, il m’a été donné de visiter deux pays d’Europe et trois autres d’Asie. Et l’une des choses qui m’a le plus frappé dans cette expérience, c’est de découvrir à quel point le changement mondial est intense. Nous pouvons passer tout notre temps à parler mondialisation, mais il ne s’agit pas de la mondialisation tout court : il faut parler d’une mondialisation qui s’effectue à un rythme vertigineux. Notre monde se transforme à la vitesse grand V; nous voyons s’éroder des certitudes, si sûres il y a seulement deux ou trois ans, et qui ont changé du tout au tout au moment où de nouvelles possibilités voyaient le jour, où de nouvelles économies s’ouvraient, tandis que d’autres, devenues désuètes, battaient de l’aile. Pour parler franchement, nous ne sommes pas prêts pour un monde où la Chine représente en fait le plus grand marché des médias mobiles sur la planète; et, soit dit en passant, les régions qui se développent le plus rapidement se trouvent en Afrique; une évolution tout aussi rapide que celle des questions concernant la manière dont nous, Ontariens et Ontariennes, pouvons de quelque façon saisir ces réalités et réussir à trouver comment créer – par et pour nous-mêmes – des possibilités sur le plan des affaires, des sciences et des techniques, dans un monde qui se métamorphose littéralement sous nos yeux.

Nous avons récemment pris le temps d’examiner la situation en Croatie, alors que je me trouvais dans ce pays où j’ai passé deux jours presque entiers en compagnie de ses principaux organismes gouvernementaux du secteur de l’innovation. L’économie croate est en pleine transition; elle est en train de prendre un virage qui l’éloigne de l’ancien régime communiste, et de se remettre de la guerre civile et de toutes les affres dont elle a souffert; et les Croates ont désigné l’innovation comme leur principal objectif national. Aujourd’hui nous ne voyons pas la Croatie comme une concurrente, mais dans cinq ans, elle le sera. Il nous faut donc agir vite et avec aplomb et conserver une vue d’ensemble très, très cohérente de cette situation. Aussi, la question que je tiens à soulever comme un enjeu fondamental concerne l’urgence d’agir. J’apprécie au plus haut point les efforts que déploie actuellement l’Ontario. Mieux que toute autre province ou que tout territoire canadien, l’Ontario a compris le thème de l’innovation; pour sa part, le gouvernement fédéral investit dans des secteurs cibles. L’Ontario, à  mon avis, a reconnu qu’il est surtout question d’un changement touchant le style de vie et les priorités économiques; un changement de priorités qui, pour l’essentiel, recoupe le secteur concerné; mais ici, la véritable question, c’est l’urgence d’agir. L’économie de l’innovation est tout sauf statique : la grande trouvaille de l’an passé correspond aux anciennes façons de faire des affaires, et il nous faut sans cesse réinventer et apporter des changements, et rester constamment au courant de ce qui se passe autour du globe. 

Monsieur le Ministre a mentionné en quelques mots la diversité de la population ontarienne. Là doit résider l’une de nos forces les plus fondamentales : l’avantage d’avoir chez nous des gens venus des quatre coins du monde, des gens auxquels nous nous devons de prêter l’oreille lorsqu’ils parlent des événements qui se produisent dans leur pays d’origine, afin que nous soyons à même de bien nous représenter la manière dont le monde est en train de se transformer. Monsieur le Ministre a également mentionné l’importance de la collaboration. Je crois qu’un seul exemple suffira : à mon avis, si je me trouve ici aujourd’hui, c’est parce que je représente les médias numériques. Je suis un inconditionnel des médias numériques, un secteur qui se développe très, très, très vite. Or, nous avons une expertise de premier ordre, mais dans des secteurs séparés. Par conséquent, le grand défi des prochaines années pour l’Ontario sera de réunir ces différents secteurs.

Toujours, nous parlons dans le contexte de Stratford – j’en glisserai quelques mots dans une minute – et de ce que nous appelons « le triangle créatif ». Nous avons d’extraordinaires sociétés technologiques, et des entreprises très novatrices, et en fait, l’un des secteurs dans lequel nous sommes un chef de file mondial, c’est celui du contenu, c’est-à-dire, le secteur créatif : les personnes qui écrivent, qui créent des pièces, qui réalisent des films et autres œuvres de cet ordre. Ce que nous devons trouver, c’est un moyen de réunir ces différents éléments en un tout. L’économie de demain, l’économie nouvelle, électronique, n’est pas uniquement à propos des moyens de communication; encore faut-il trouver un contenu à communiquer. Il ne s’agit pas que de produire des appareils, mais plutôt d’avoir quelque chose à regarder en actionnant son BlackBerry; et l’un de nos grands défis consiste en fait à prendre Monsieur le Ministre au pied de la lettre quand il parle de collaboration; nous devons trouver les moyens de réaliser ce tour de force, non pas au sein de tel ou tel secteur, mais de concert avec ces différents secteurs. Certes, les techniciens sont capables de discuter entre eux, mais il leur faudra aussi pouvoir échanger avec les personnes chargées du contenu, avec les diffuseurs, avec les gens de la presse, etc., et contribuer ainsi à créer une économie radicalement différente de celle que nous connaissons. 
Voici l’exemple dont je tiens à vous faire part, et que j’ai choisi parce qu’il est si éloquent : à l’heure actuelle, nous procédons à l’aménagement d’un nouveau campus à Stratford, et l’idée de base derrière ce projet consiste à réellement tirer parti de certains atouts que nous avons. La Ville de Stratford est connue dans toute l’Amérique du Nord comme pôle culturel en raison du Stratford Festival, plein de richesse et de profondeur sur le plan artistique; c’est un endroit formidable. Waterloo est bien sûr très réputé pour ses technologies numériques et pour son économie dans ce secteur : Open Text, Christie Digital, etc. Aujourd’hui, la chance s’offre à nous de réunir ces trois éléments avec l’excellence technologique des chercheurs de l’Université de Waterloo et celle de nos autres partenaires universitaires. La richesse culturelle entourant Stratford est forcément associée à la ville, mais l’est aussi au génie et au savoir-faire commerciaux de Research in Motions, de Christie Digitals et des autres. Aussi, ce que nous proposons c’est un nouveau campus, différent de tous les autres nouveaux campus que nous avons jamais créés auparavant. Ce campus sera axé sur les étudiants de troisième et quatrième années des programmes de troisième cycle. En fait, il sera exclusivement centré sur deux choses : les médias numériques et le commerce mondial; et une attention toute particulière sera accordée à l’établissement d’un réseau étroit entre ces deux composantes, et au rassemblement de tous les différents partenaires en un tout qui générera une sorte de synergie constante, et ce, en vue de parler des priorités futures. Mais le meilleur dans tout ce qui concerne Stratford, c’est que l’initiative de Stratford ne touche pas que la Ville de Stratford ou son campus, elle vise aussi à s’inscrire dans un programme étendu à l’ensemble de la province, et qui est à rapprocher d’un engagement en matière de technologies numériques. Ainsi, nous avons ouvert des discussions avec l’École d’art et de design de l’Ontario, avec l’Université Ryerson aussi, et avec une foule d’autres universités et partenaires, dans le but de nous assurer que cette initiative prendra un caractère véritablement provincial. Voici donc ce que j’ai à dire là-dessus : ceci n’est pas une option; l’innovation n’est pas une option, elle est indispensable; et, à vrai dire, s’il y a quelque chose qu’il nous faut apprendre, c’est la manière de performer sur deux fronts : d’une part, comment accélérer la cadence, et d’autre part, comment agir de façon plus intelligente en comprenant mieux ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Merci.

 

 
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