Mark Lievonen
Président de Sanofi Pasteur Limited
L’ALLOCUTION DÉFINITIVE FAIT FOI
Merci. C’est pour moi un plaisir d’être ici en tant que représentant d’un joueur de l’industrie biopharmaceutique et d’une filiale canadienne qui joue un rôle majeur au sein d’un organisme mondial. Je tiens à féliciter le gouvernement de l’Ontario d’accorder une aussi grande priorité à l’innovation, et aussi pour sa vision à long terme relativement à ce secteur; une vision qui, à mon avis, est d’une importance capitale si nous voulons réussir.
Nous avons parlé de la collaboration comme thème; en fait, la collaboration est l’élément auquel nous devons notre réussite. Sanofi Pasteur a démarré ici au Canada en 1914 sous le nom de « Connaught Laboratories », et faisait alors partie de l’Université de Toronto et de la School of Hygiene (école d’hygiène). Au fil des années, nous avons connu de nombreux succès à l’époque où Banting et Best venaient de découvrir l’insuline; les Connaught Medical Research Laboratories (laboratoires de recherche médicale Connaught)ont été les premiers à en faire la commercialisation. Lorsque le docteur Jonas Salk a inventé son vaccin injectable contre la polio, Connaught Laboratories a joué un rôle essentiel tant en ce qui touche le développement que la production et la commercialisation de ce vaccin. La variole est la seule maladie que nous ayons éradiquée de la face de la Terre, et Connaught Laboratories est l’un des quatre laboratoires qui, dans les années 70, ont fabriqué le produit auquel on doit cette éradication. Récemment encore, nous avons continué d’innover : nous avons découvert et mis au point le meilleur vaccin au monde contre la coqueluche acellulaire, vaccin que nous fabriquons actuellement. C’est la référence par excellence. Ce vaccin a été combiné à d’autres antigènes, et à présent nous le produisons et le diffusons non seulement ailleurs au Canada, mais nous l’exportons aussi dans 50 pays autour du globe, dont les États-Unis; ce sera vraiment un produit vedette. Et, avec la vente et la fixation des prix de cession interne de ce produit distribué à l’échelle planétaire, nous prévoyons générer des recettes de plus d’un demi-milliard de dollars dont bénéficiera cette économie. C’est donc une véritable mine d’or commerciale que ce vaccin, découvert et mis au point par nous, et grâce auquel notre développement se poursuit; d’autant plus que nous sommes maintenant passés aux vaccins contre le cancer. Il s’agit d’une longue bataille. Il nous a fallu dix ans pour arriver là où nous en sommes, sans parler de plusieurs centaines de millions de dollars et de nombreux d’essais plus ou moins concluants; mais je suis heureux d’annoncer que, cette semaine même, nous avons traité notre premier patient dans le cadre de nos nouveaux essais cliniques – en phase I et en phase II – sur le vaccin contre les mélanomes, un vaccin de tout premier ordre; en outre, des essais cliniques sont en cours à divers endroits, et nous espérons qu’un jour ils produiront eux aussi de bons résultats. En fait, nous dépensons cent millions de dollars par année en frais d’exploitation liés à la R. et D., et comptons quelque 300 personnes sur notre campus de Connaught Laboratories.
Un point qui, selon moi, est très important – on a parlé de commercialisation, et j’estime quant à moi que les idées produites ici, ça doit rester ici. Idéalement nous souhaitons voir les découvertes demeurer ici, afin que nous puissions les produire et les exporter; c’est là un problème très épineux auquel beaucoup se sont employés à trouver des solutions, et j’y ai moi-même travaillé. Le problème présente de multiples facettes : différents niveaux, différentes questions, que ce soit à propos du capital-risque ou d’autres éléments. J’aimerais aujourd’hui vous présenter un point de vue, qui concerne le fait que les découvertes – et la recherche expérimentale – sont extrêmement importantes. Il nous faut continuer dans cette voie, tout comme nous devons poursuivre le financement de tels travaux, et il est nécessaire que les gouvernements continuent d’y pourvoir. Et il y a beaucoup de programmes dans ce secteur. Cela m’encourage, et j’abonde en ce sens; toutefois, selon moi, il y a entre autres choses un point qu’il nous faut bien comprendre, et je tiens à vous le présenter : si, une fois les recherches expérimentales entamées, nous envisageons d’en commercialiser le produit, il faut savoir qu’après une découverte, pour passer du stade expérimental à la commercialisation, il faut prévoir 90 % du total général des coûts, du temps, des efforts, des investissements, etc., si nous voulons effectivement commercialiser le produit – nous parlons donc ici d’un projet à long terme. Aussi, si nous prévoyons avoir la capacité de fabriquer des produits dans notre province, alors les entreprises souhaiteront pouvoir évaluer des éléments tels que la prévisibilité des marchés, des produits et des investissements, et les certitudes que ceux-ci peuvent leur offrir. Par conséquent, le fait de disposer d’avantages comme un système de propriété intellectuelle, une réglementation relative à l’établissement des prix, etc., qui soient prévisibles et viables, ce fait, dis-je, représente des facteurs importants si nous voulons être à même d’orchestrer tout ce processus et de donner de bonnes raisons de s’exécuter à ceux et celles qui souhaiteraient voir leurs produits fabriqués dans cette province, dans ce pays. L’idée du gouvernement ontarien comme agent catalyseur me plaît beaucoup, car, s’il est une chose que le gouvernement peut faire, c’est d’agir de façon à favoriser le développement dans des secteurs qui ne sont pas du tout de son ressort, mais qui sont liés à des éléments susceptibles d’aider à consolider certaines de ces questions relatives aux politiques; et je crois que le gouvernement a un rôle de premier plan à jouer à ce chapitre.
Une autre chose dont j’aimerais vous parler porte sur notre demande visant le Programme d’investissement dans le secteur biopharmaceutique, qui a été acceptée. Grâce au ministère de la Recherche et de l’Innovation et du ministère du Développement économique et du Commerce (MDEC), nous sommes devenus la première société à bénéficier de ce programme. Et je puis vous dire et vous confirmer que le gouvernement a effectivement agi en suivant la cadence des marchés – ça a été très impressionnant. Nous envisagions de construire ici un nouvel établissement de recherche pour cent millions de dollars, un projet qu’il n’est pas facile de mener à bien en ces temps difficiles et en si peu de temps. De telles décisions sont prises dans le cadre d’une vision mondiale, et il existe différentes options d’investissement autour du globe; or, nous avons eu la possibilité de travailler avec le gouvernement et d’obtenir de lui une subvention de 13,9 millions de dollars dans le cadre du Programme d’investissement dans le secteur biopharmaceutique, somme qui a déterminé notre choix d’aménager notre nouvel établissement ici; et à tous les points de vue, le niveau d’engagement a été vraiment spectaculaire : la célérité avec laquelle notre offre a été examinée, la diligence raisonnable, la négociation de l’entente; et tout cela a culminé avec l’annonce à laquelle nous avons assisté aux côtés de Messieurs le Premier Ministre et le Ministre, et de certains de leurs collègues. Je vous laisse juger du bruit qu’a fait cette annonce aux quatre coins du globe, non seulement au sein de l’organisation de Sanofi Pasteur – la division des vaccins de Sanofi-Aventis – qui compte environ 11 000 employés, mais aussi dans toute l’organisation de Sanofi-Aventis qui, elle, compte pas moins de 100 000 employés; la troisième société pharmaceutique en importance dans le monde. Cela a donc été très important pour nous, et nous comptons bien, par la suite, réaliser de nouvelles découvertes et de nouveaux projets qui ouvriront la porte à de nouveaux investissements tout au long de la chaîne de valeur. De plus, nous avons des concepts touchant une autre application, et peut-être qu’au détour du chemin nous serons en mesure d’engager des investissements supplémentaires liés à la production, et de poursuivre notre partenariat avec le gouvernement de l’Ontario, sur quoi nos actionnaires, ainsi que nos décideurs de partout dans le monde, ont les yeux braqués. Pour terminer, cela fut pour nous une expérience des plus stimulantes, et nous continuons de réinventer et d’anticiper avec plaisir de pouvoir investir de nouveau ici, et d’y poursuivre le développement, la production et l’exportation de nos produits, pour les Canadiens et les Canadiennes, mais aussi pour améliorer la santé publique partout dans le monde.
Merci.